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Les nuages sont-ils verts ?

Par Jan Claes, expert en données @Maltem Luxembourg

Tous les DSI ou directeurs informatiques qui veulent être pris au sérieux en ce moment pensent “Cloud” : les données (sauf pour des raisons juridiques) ne devraient pas être stockées localement, dans un centre de données fait maison, mais quelque part loin (ou pas si loin), dans un environnement virtuel que nous appelons un nuage de données.

Flexibles, fiables (la plupart du temps) et moins chers que les solutions traditionnelles, les nuages sont, à première vue, un moyen économiquement valable de stocker des données, mais bien sûr, il n’y a pas que des pois et des rayons de lune… Outre les problèmes évidents de confidentialité et de sécurité, ces nuages ont un impact sur l’environnement. Ou en d’autres termes : les nuages sont-ils verts ?

Au cœur de la mise en place du cloud se trouvent d’énormes centres de données répartis dans le monde entier. Les centres de données sont simplement de nombreux ordinateurs empilés les uns sur les autres, et ces ordinateurs travaillent dur sans arrêt pour gérer tous les flux de données créés par des millions d’utilisateurs. Cela produit une énorme quantité de chaleur qui doit être contrôlée par des systèmes de refroidissement gigantesques. Des systèmes de refroidissement qui utilisent l’énergie créée la plupart du temps par les combustibles fossiles, et qui dit “combustibles fossiles” dit aussi “émission de carbone” !

Juste pour donner une idée de l’ampleur de la consommation d’énergie et des émissions de carbone : un seul centre de données a besoin de plus d’énergie qu’une ville de taille moyenne et dix-sept pour cent de l’empreinte carbone totale causée par la technologie est due aux centres de données (2 % des émissions mondiales totales de gaz à effet de serre). 30 milliards de watts d’électricité sont nécessaires pour faire fonctionner toutes les installations de données (soit une consommation électrique supérieure à celle de l’ensemble du Royaume-Uni), ce qui représente 3 % de l’approvisionnement mondial en électricité.

Le carbone n’est pas seulement un sous-produit des systèmes de nuages, mais aussi des déchets électroniques (E-déchets). Les déchets électroniques des centres de données créent 2 % des déchets solides et 70 % des déchets toxiques dans le monde.

Si vous prenez en compte les coûts environnementaux (TCE, ou Total Cost to the Environment) d’une installation de données, le prix de la maintenance d’un système dans les nuages paraîtra soudain moins intéressant. Et dans un climat actuel qui pousse à une économie plus durable, des investissements et de nouvelles idées pour résoudre ces problèmes de centres de données sont nécessaires.

Les entreprises qui font des recherches sur les centres de données écologiques s’intéressent principalement à trois domaines principaux.

        Systèmes de refroidissement alternatifs

        Sources d’énergie alternatives

        Efficacité énergétique

Par exemple, Google utilise l’eau de mer et l’eau de pluie comme liquide de refroidissement dans son centre de données en Finlande, tandis qu’Apple et Facebook alimentent et refroidissent leurs installations à l’aide de l’énergie solaire et éolienne.

L’intelligence artificielle est également utilisée pour améliorer l’efficacité énergétique : des algorithmes diagnostiquent le système et mettent en œuvre des changements pour obtenir un meilleur PUE (Power Usage Effectiveness). Une autre façon de diminuer l’énergie nécessaire au refroidissement est de faire fonctionner le centre de données à une température plus élevée (40 degrés Celsius au lieu de 24). La nouvelle technologie des serveurs permet d’obtenir les mêmes performances tout en fonctionnant dans un environnement plus chaud.

Pour diminuer les déchets électroniques, un processus de recyclage complet (par exemple, ne pas envoyer votre vieux matériel dans une décharge d’une entreprise africaine pauvre) des vieux matériels est la seule solution valable et pratique pour le moment. La récupération des métaux précieux ou la réutilisation de certains composants devrait devenir une pratique courante pour éviter un tsunami de déchets électroniques dangereux et les dommages collatéraux sur les personnes et l’environnement.

Il est évident qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir dire que les nuages sont verts. Des efforts sont faits pour diminuer l’impact environnemental des centres de données, mais regarder votre série préférée sur Netflix a un coût. Pensez-y !